Je ne sais pas si vous vous rappelez mais niveau temple bizarre, j’avais visité le temple avec des milliers de rats dont de nombreux morts, à Deshnoke, au nord du Rajasthan, plus souvent appelé le temple Karni Mata, où on se promène pieds nus ou en chaussettes. Cette fois ci, j ai rendez vous à Ouidah, ville côtière du Bénin, à 42 kilomètres de Cotonou.
Ouidah a été au 18eme siècle, le centre de la traite d’esclaves en Afrique de l’Ouest, tout au long de mon périple au Bénin, au Ghana et au Togo, l’esclavage sera un fil rouge mais j y reviendrais plus tard.
À Ouidah, contrairement à Desnoke ou j’avais à faire à un temple hindouiste, ici, je dois me mettre au vaudou.
Heureusement pour moi, le temple est devenu plus petit qu’avant à cause de l’urbanisation de la ville ( à cause de sa proximité avec la côte, 3 km5 juste séparé par une lagune). Vu le nombre de pythons qui m’accueille, je me dis que je sais pas si c’est une bonne idée qu’on l ait remplacé par des buldings car la concentration au mètre carré de pythons est forcément plus grande.
Heureusement pour moi, j’ai beaucoup de défauts mais à l’heure actuelle, je n’ai aucune phobie connue aux animaux bizarres. Ce qui est plutôt sympathique quand on se retrouve dans ce genre d’endroits où la culture d’un pays peut nous surprendre.
Le temple des pythons se trouve en face de la basilique de l immaculée conception. Pour les gens phobiques et croyant, vous pouvez y faire un tour avant pour mettre un cierge ou prier afin de ressortir en bonne santé. En plus vous verrez que la religion chrétienne et le vaudou peuvent cohabiter à quelques mètres de distance. Si ça pouvez inspirer un peu plus de monde, le monde s’en porterait mieux.
L entrée du temple est payante afin de permettre la restauration du temple ( la dernière rénovation date de 1992). Comme Pilon est marteau, j’ai fais une donation au temple afin de me faire photographier avec notre hôte. Être en charmante compagne, n’a pas de prix dit-on. À vrai dire, je ne suis pas sure que ce diction soit très adapté aux pythons.
Les adeptes du culte du Python portent des scarifications appelées « 2 x 5 », c'est-à-dire 2 scarifications parallèles à 5 endroits différents du visage, eux ils sont carrément habités.
Mais comme j’aime tout tester, il fallait se sacrifier. Heureusement les sacrifices humains ne sont pas les favoris du vaudou. Ils préfèrent les moutons j’ai l’impression. Petite aparté à ce propos, je me promenais dans un village quand soudainement une odeur nauséabonde me prends aux tripes, j’appercois au loin un fétiche, un objet de culte de la culture vaudou. Il a la forme d un bonhomme . Il est recouvert de quelque chose de bien immonde. Plus je me rapproche, plus je dois me pincer le nez pour éviter de vomir. Je vais très vite faire demi tour en donnant mon téléphone au guide pour qu’il puisse prendre une photo de ce chef d’oeuvre.
Quand l’odeur se fait plus respirable, il m’expliquera que les gens du village ont sacrifié hier soir un mouton, et que ce qui recouvre le fétiche est le sang de l’animal.
Le Bénin, est donc une nouvelle preuve de la diversité d’une culture à l’autre. Et qu’un non initié peut vite être déstabilisé si il pense rester dans son confort et dans ses habitudes.
Revenons à notre temple des pythons, qui se compose d’une clôture, avec des symboles peints de la vie quotidienne, d un abri de divinités, d’une case de rituels, d’un canari sacré en forme de grosse boule blanche, d un autel sacrificiel, d un iroko sacré( un grand arbre qui conserve les esprits des ancêtres, le 10 janvier il est un lieu de passage obligé , il reçoit les prières et les sacrifices car on célèbre la fête du Vodoun) et du plus important ici l’abri à pythons où on doit se déchausser pour rencontrer le maître du lieu et ses dizaines de semblables. Contrairement à l’humain la femelle ( qu on appelle Dangbe Dré) est plus grande que le mâle (Kpohoun). Le python vit entre 10 et 50 ans. À Ouidah, ils vaut mieux ne pas avoir peur des serpents, car la centaine de serpents est relâché chaque semaine. Et oui ces gentilles bêtes, ne sont pas nourris à l’intérieur du temple. C est la population locale qui tient la garde car si ils ne reviennent pas dans les 72 heures, ils les ramènent au temple fier de servir la ville. Entre temps, les pythons partent en vadrouille manger les rats et les insectes environnants. Ça serait peut être pas mal de lâcher des pythons dans Paris vu le nombre de rats qui se régalent des ordures de la ville.
Le Benin n’est pas la destination la plus touristique au monde, voilà pourquoi seulement le temple du python n’accueille qu’environ un peu plus de 1000 visiteurs par an. Mais si vous venez à Ouidah et que vous n’êtes pas ophiophobe, ce lieu est un incontournable de votre visite.